quelques pages d'histoire(s) de Plougrescant

- Le Monument aux Morts

 

« N’oubliez jamais les enfants de Plougrescant morts pour la France »

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  Edifié pour rendre hommage aux Plougrescantais morts durant la première guerre mondiale, le Monument aux Morts de Plougrescant fût inauguré le 15 août 1922 par Yves Le Trocquer, Ministre des Travaux Publics , en présence , entre autres de Gustave de Kerguézec, Sénateur et président du Conseil Général des Côtes du Nord et d’Yves-Marie Rémond, Maire de Plougrescant.  

discours de Gustave de Kerguézec  - 15 août 1922

 Aux 76 morts de la Grande Guerre vinrent s’ajouter, à la suite des conflits du XXème siècle, 33 autres noms à la funeste liste énumérée chaque année lors de la cérémonie du 11 novembre par un représentant des anciens combattants de la Commune. 

 Voici le tragique destin de trois d’entre eux:

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26 février 1916 – le torpillage du « Provence II » *

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 Construit en 1905 aux Chantiers de Penhoët à Saint-Nazaire «La Provence » est à sa mise en service le plus grand et le plus rapide paquebot français.  Réquisitionné en août 1914 « La Provence » est transformée en croiseur auxiliaire et prend le nom de « Provence II », il est affecté en mer Méditerranée aux transports de matériel et de troupes à destination du front d’Orient.  Le 23 février 1916, sous le commandement du Capitaine de Frégate Vesco, il quitte Toulon pour Salonique en Grèce, avec à son bord 2000 militaires des 3ème Régiment d’Infanterie Coloniale et 372ème Régiment d’Infanterie destinés au renfort des troupes combattant en Macédoine, et environ 400 hommes d’équipage.  Le 26 février vers 15 heures, alors qu’il se trouve au large du Cap de Matapan, « Provence II » est touché sur tribord par une torpille tirée par le sous-marin allemand U-35, commandé par Lothar von Arnault de la Périère.  Le commandant donne l’ordre d’évacuer le navire, mais les canots de sauvetage sont en nombre insuffisant et tous les hommes du bord ne peuvent y embarquer. « Provence II » coule en 17 minutes, faisant environ un millier de disparus dont le commandant Vesco, qui conformément au code d’honneur de la marine, se laissera engloutir avec son navire.

 

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 Le navire fut cité à l’ordre de l’armée : « Le croiseur auxiliaire Provence II torpillé le 26 février 1916 en méditerranée, a disparu avec une partie de son équipage qui a fait preuve jusqu’au dernier moment, du plus grand courage et du plus grand sang froid. »

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Trois Plougrescantais, Matelots-Chauffeurs à bord, sont au nombre des victimes:

Guillaume Stévénnou (24 ans), Hippolyte Urvoas (32 ans) et son frère Adrien (30 ans).

Deux autres natifs de Plougrescant ont également disparu lors du naufrage:

Jean-Marie Ollivier (47 ans) Second-Maître Mécanicien, figure sur le Monument aux Morts de Tréguier et Joseph Guyomard (23 ans) Matelot-Chauffeur sur celui du Havre.

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« N’oubliez jamais les enfants de Plougrescant morts pour la France » : telle est l’inscription figurant en lettres d’or sur le Monument aux Morts, mais le temps passe et efface de nos mémoires le souvenir de leur sacrifice.

* ce récit du naufrage est la synthèse de plusieurs autres récits trouvés sur internet

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26 janvier, 2011 à 13:13 | Commentaires (0) | Permalien


- Le crash du vol Paris-Nouadhibou

02 octobre 1964: accident du DC-6 d’UTA

- Le crash du vol Paris-Nouadhibou dc6b-300x98

Vive émotion à Plougrescant au lendemain de l’accident de l’avion assurant le vol Paris-Nouadhibou, à son bord se trouvaient une mère de famille de la commune  et ses trois enfants.

Parties de l’aéroport du Bourget près de Paris, Marguerite-Marie de Roquefeuil (38 ans) et ses trois fillettes Catherine (8 ans), Véronique (6 ans) et Sylvie (5 ans) se rendaient en Mauritanie où les attendait leur mari et père Christian Trouvé, directeur commercial aux mines de fer, récemment mises en exploitation. Après une escale à Marseille et une autre aux îles Baléares, le DC-6 décollait de l’aéroport de Palma de Majorque ce vendredi 02 octobre 1964 à 03:14 GMT en direction de l’aéroport de Port-Etienne, 90 minutes plus tard, pour une raison indéterminée, il percutait le Mont Alcazaba (3371 m) situé au Sud de l’Espagne dans la Sierra Nevada. A son bord  se trouvaient 80 personnes, 7 membres d’équipage et 73 passagers, il n’y a aucun survivant.

La famille de Roquefeuil est bien connue à Plougrescant, Mme Trouvé résidait au château de Kergrec’h, et venait d’acheter et d’aménager le manoir de Laouénan.

 

famille Trouvé

http://zouerate.com/lesite/mifinfo/catherine-sylvie-veronique-2/

 

1 novembre, 2010 à 20:44 | Commentaires (8) | Permalien


- Castel-Meûr

Castel Meûr.- Le grand corbeau 

 

- Castel-Meûr pt8985

  Au nord c’est Castel-Meûr. Au flanc du grand rocher,

- Comme au sein maternel l’enfant vient s’attacher,-

Paraît un petit toit. Pour se guérir du monde,

Là vivait Kerguezec 1, seul en face de l’onde,

Au milieu du fracas des gouffres écumants.

Le flot toujours s’y rue avec des grondements

De tonnerre en courroux. La sinistre tempête

Pour les cœurs tourmentés c’est la salve de fête.

L’orage intérieur n’est qu’un bourdonnement,

Qui se calme et se fond dans le rugissement

Des foudres et des flots. Les passions humaines

Devant l’immensité n’ont que des ardeurs vaines.

L’ermite, en écoutant la voix de l’infini,

Déjà s’entrevoyait, dans le ciel réuni

A l’âme de sa fille 2. Alors la poésie

Jaillissait de sa lèvre en ode, en élégie ;

Et levant son regard jusqu’à l’éternité,

Il chantait la grandeur de la Divinité.

 

Mais la brise m’apporte une plainte effroyable:

Quel est l’infortuné que la douleur accable?

Est-ce un mourant qui souffre, avant d’entrer aux cieux.

Et jette encore vers nous ses déchirants adieux ?

Des horizons du nord est-ce un affreux présage,

Un lugubre signal d’horreur et de carnage ?–

Ce n’est point des mortels le rauque râlement :

Au loin l’écho répète un long croassement.

C’est bien le noir Brân Brâz 3, funèbre sentinelle,

Qui veille sur l’abîme où le flot amoncelle

Sa neige et ses torrents. Sombre et terrible oiseau,

Pilleur des naufragés en leur mouvant tombeau,

Sinistre, il vient planer sur l’humide cratère

Où la vague bouillonne… infernale chaudière !

Il défend ces abords au plus hardi pêcheur :

C’est le corbeau géant qui garde Castel Meûr.

     Extrait de « NOTRE-DAME DE KERGONET »

 par Léon HENRY 4 -1890- 

1 : Gustave de Kerguézec, fit bâtir la maison de Castel-Meur en 1861, son fils fût maire de Plougrescant de 1908 à 1919

2 : Marie–Thérèse-Arthémise décédée en 1871 à l’âge de 4 ans ½ 

3 : Le Grand Corbeau

4 : Oncle de l’enseigne de vaisseau Paul Henry

 

1 novembre, 2010 à 10:05 | Commentaires (0) | Permalien


- Le naufrage de la « Marie-Thérèse » le 20 août 1901

Léon Marillier et son épouse

Une imprudence de jeunes gens 

La famille Le Bras était allée passer la journée chez des amis, Mme Huin et ses fils, qui habitent Port-Béni en Pleubian. Après souper, ils décidèrent de rentrer à Tréguier. Les fils Huin proposèrent de les y conduire dans un canot qu’ils avaient loué pour la saison. Ils allèrent trouver Pierre Le Briand, marin retraité et lui dirent d’armer le bateau. Celui-ci fit remarquer que ce retour par bateau, étant donnés le vent, l’heure tardive et la marée, n’était guère prudent, ils insistèrent et Le Briand céda en disant : « si nous buvons la goutte ça ne sera pas ma faute ! ».  C’est donc sur la Marie Thérèse, un vieux bateau jaugeant à peine deux tonneaux, que prirent place dix sept personnes.

Port-Béni

 Fatale fausse manœuvre

 La première partie du voyage s’accomplit sans incident. Poussé par un vent favorable, le bateau filait, remontant l’estuaire du Jaudy, quand, tout à coup, vers vingt heures trente, en face de la baie de l’Enfer, en Plougrescant, à la hauteur de la balise blanche, qui se trouve non loin de l’île Loaven, survint une brusque saute de vent. La voile changea de côté. Au lieu de larguer l’écoute Pierre Le Briand essaya de virer vent arrière. Tous les promeneurs furent projetés du même côté ; cette surcharge, jointe à la manœuvre de Pierre Le Briand fit chavirer le bateau. Ils se retrouvèrent tous à l’eau. Quelques uns essayèrent de se cramponner à la quille du canot mais, sous le poids celui-ci coula à pic, au fond du chenal.

 Affreuse lutte contre la mort 

 Les naufragés essayèrent de lutter, mais du fait du vent et de la marée montante, la mer était forte et le courant violent ; Ils appelèrent au secours, mais il faisait nuit noire et personne ne pouvait les secourir. Mr Léon Marillier parvint à saisir un aviron pendant que les fils Huin, à la nage, gagnaient, l’un une bouée, les deux autres l’île Loaven. Mr Marillier voyant une forme humaine auprès de lui, parvint à la saisir et à l’entrainer : c’était Mlle Jeanne Le Bras. Après avoir lutté pendant plus d’une heure, épuisé, il fut jeté sur un rocher couvert de goëmon et Jeanne Le Bras, un peu plus bas, sur la rive. Pendant ce temps, l’un des fils Huin, accroché à la bouée sur laquelle il s’était réfugié, était parvenu à saisir Mme Guyomarc’h, qui elle-même tenait son enfant dans les bras ; l’autre fils Huin, après avoir gagné l’île Loaven, ne craignait pas de se remettre à l’eau pour atterrir à Beg ar Vilin, en Plougrescant, et aller chercher du secours. Les forces vinrent à manquer au premier, il dit à Mme Guyomarc’h de se soutenir un instant sur le bord de la bouée, pendant qu’il se défaisait de ses vêtements.  Il réussit à ôter son paletot et sa chemise, et à s’attacher, par ce moyen, à la bouée. Mais hélas, épuisée, Mme Guyomarch n’avait pu résister plus longtemps et elle avait disparu ainsi que son enfant. Ce n’est que vers trois heures du matin que des cueilleuses de goëmon entendirent des appels et trouvèrent Léon Marillier. Elles donnèrent l’alarme et ne tardèrent pas à rencontrer les douaniers qui, accompagnés du fils Huin, se mirent à la recherche des naufragés et purent recueillir Léon Marillier, Henri et Robert Huin. 

Les victimes

Dès cette journée du mercredi, les premiers cadavres furent retrouvés et transportés à Tréguier. La mer rejeta les autres corps sur les rivages de Pleubian, Kerbors et Plougrescant durant une dizaine de jours. Anatole Le Braz, nouvellement nommé Maitre de Conférences à la faculté de Lettres de Rennes, arriva à Tréguier le lendemain du drame et y apprit la tragique disparition de huit membres de sa famille :

Nicolas Le Bras (76 ans) son père

Philomène Le Roux (56 ans) sa belle-mère

Jeanne (17 ans), Mathilde (19 ans), Anne-Marie (29 ans) et Joséphine (37 ans)  ses sœurs

Joseph (32 ans) et Guy-Yves (4 ans) Guyomarc’h, ses beau-frère et neveu 

 Les autres disparus sont :

Suzanne Postel épouse Huin (46 ans) et son beau-frère Charles-François Duchesne (61 ans)

Pierre Le Briand (62 ans) marin retraité

Amélie Guillard (30 ans) et Charlotte Guénaire (17 ans) domestiques 

Léon Marillier, après plusieurs semaines d’agonie, inconsolable de la mort de son épouse, décèdera en octobre.

 

tombe famille Le Bras

Les membres de la famille Le Bras sont enterrés au vieux cimetière de Tréguier. 
    récit tiré de divers articles de presse relatant le naufrage 

31 octobre, 2010 à 19:39 | Commentaires (1) | Permalien


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